Expertise juridique

Appartement squatté : procédure d'expulsion en copropriété

Un appartement squatté présente des spécificités juridiques propres à la copropriété : troubles aux voisins, dégradations des parties communes, refus d'accès aux compteurs. Voici comment agir en tenant compte de ces contraintes.

Appartement squatté : procédure d'expulsion en copropriété
2-4
semaines en moyenne
70%
des squats en IDF
48h
fenêtre flagrant délit
AM
Me Antoine Mercier
Avocat coordinateur · 15+ ans d'expérience
Mis à jour le 22 mai 2026

Pourquoi les appartements sont les biens les plus exposés

L'appartement vacant est la cible n°1 des squatteurs en Île-de-France pour trois raisons :

  • Anonymat : un immeuble peut compter 30 logements. L'absence d'un propriétaire passe inaperçue pendant des semaines.
  • Accès par parties communes : l'effraction est moins visible depuis la rue qu'une maison individuelle.
  • Tournover locatif : entre deux locataires, un appartement peut rester vide 3 à 6 semaines — une fenêtre exploitable.

Si vous gérez un parc locatif, le risque est multiplié par le nombre de biens. Notre diagnostic gratuit couvre aussi les bailleurs multi-lots.

La procédure adaptée à l'appartement en immeuble

L'expulsion d'un squatteur dans un appartement suit les voies classiques (administrative, pénale, civile), mais avec deux particularités :

  1. Coordination avec le syndic. Le syndic peut, indépendamment de votre action, saisir le tribunal en référé pour faire cesser les troubles affectant les parties communes (article 14 de la loi du 10 juillet 1965). Cette action parallèle accélère le dossier.
  2. Témoignages des voisins. Les attestations des copropriétaires (bruits, allées et venues nocturnes, dégradations) constituent des éléments de preuve précieux pour la voie administrative et la voie civile. Sollicitez-les rapidement.

Pour les appartements à usage de résidence principale ou secondaire, la voie administrative (article 38 DALO) reste la plus rapide : 2 à 4 semaines en moyenne.

Mobilisation du syndic et de la copropriété

Trois leviers à activer en parallèle :

  • Lettre RAR au syndic dès la découverte. Cela engage formellement la copropriété et permet de chiffrer ultérieurement les troubles communs (nettoyage, gardien, surveillance).
  • Conseil syndical : informer pour faire pression sur le syndic et éventuellement voter en AG un mandat d'action en justice.
  • Gardien d'immeuble : son témoignage écrit (registre des plaintes, courriers) pèse devant le tribunal.

Dégradations et action en réparation

Au-delà de l'intérieur de votre appartement, surveillez :

  • Compteurs individuels (eau, électricité, gaz) parfois trafiqués pour rétablir une fourniture coupée. La régie peut vous facturer la remise en conformité.
  • Halls et cages d'escalier : dégradations imputables aux squatteurs si la copropriété peut le démontrer.
  • Ascenseur : casses fréquentes en cas de squat collectif d'un appartement.

Ces préjudices ouvrent une action civile en réparation, à diligenter en parallèle de l'expulsion.

Besoin d'aide sur votre cas concret ?

Diagnostic gratuit en 15 minutes avec un expert. Réponse sous 24h.

Questions fréquentes

Le syndic n'a pas obligation d'agir pour vous personnellement, mais il a une obligation de gestion des parties communes. S'il néglige ses obligations face à un trouble manifeste, sa responsabilité peut être engagée par la copropriété en AG.
Oui. Les attestations sont versées au dossier judiciaire et restent confidentielles vis-à-vis des occupants. Aucune obligation de divulguer l'identité des témoins en référé.
La protection juridique incluse dans la plupart des MRH propriétaire bailleur couvre généralement 1 500 à 3 000 € de frais d'avocat et d'huissier. Vérifiez les exclusions liées à l'inoccupation prolongée (souvent > 90 jours).
WhatsApp